Ad Ventum -
texte de N. Coldak
Dans chaque goutte givrée qui se révèle avec l’aube, dans le doux parfum de la nature alourdie de fraîcheur, je te retrouverai, car ton souffle demeure, même quand le monde se dérobe, ton nom se glisse encore dans le premier frisson du jour, en secret.
Quand le soleil timide effleure les toits, et que la lumière hésite avant d’oser briller, je sentirai ta présence, douce comme autrefois, dans ce rayon pâle qui vient me frôler.
Dans le murmure du vent qui traverse les heures, dans la chaleur du latté qui apaise mes mains, je t’entendrai encore, voix claire, voix sœur, comme un fil d’or discret qui relie nos chemins.
À midi, quand la vie s’agite et se déploie, quand les ombres se raccourcissent et que tout semble vivant, je saurai que ton amour veille sur moi, dans chaque éclat, chaque rire, chaque instant.
Quand l’après‑midi s’étire en lenteur, et que le ciel se teinte d’un bleu plus profond, je sentirai ton cœur battre dans le mien, sans peur, comme un écho ancien qui jamais ne s’effondre ni ne fond.
Au crépuscule, quand la lumière se retire, et que les couleurs s’éteignent une à une sans bruit, je te retrouverai dans ce moment qui respire, où le monde hésite entre le jour et la nuit.
Et lorsque l’obscurité refermera ses ailes, que les étoiles s’allumeront comme des souvenirs, je saurai que ton amour, fidèle et éternel, me traverse encore, sans jamais faiblir.
Car même au‑delà du souffle, au‑delà du corps, au‑delà du temps qui efface et qui mord, tu demeures — présence douce, lumière sans bord — et dans chaque seconde du jour, je t’aime encore.
Et quand la nuit profonde étendra son voile, que le monde se taira sous l’ombre qui s’endort, je sentirai ton cœur dans le calme des étoiles, car l’amour ne s’éteint pas — il change seulement de corps et respire à l’unisson de celui qui bat encore. N.C.

